Il y a 70 ans, la Seconde Guerre Mondiale éclatait

Après l’annexion de l’Autriche (l’Anschluss) en mars 1938 et les désastreux accords de Munich qui livrèrent, en 1939, la Tchécoslovaquie sur un plateau à une Allemagne nazie soi-disant soucieuse d’étendre un « espace vital » nécessaire à la population germanique, Adolf Hitler lança ses troupes à la conquête de la Pologne. L’offensive débuta le 1er septembre 1939, à 4h45 du matin, sous un prétexte fallacieux et sans déclaration de guerre.

Une des raisons de cette attaque se résume en un nom : Dantzig, Gdansk en polonais. En effet, au lendemain de la Première Guerre Mondiale, il avait été décidé, au moment de la négociation portant sur le Traité de Versailles (1919), d’accorder à la Pologne un accès à la mer Baltique. Seulement, ce que l’on appellera plus tard le « couloir » ou le « corridor » de Dantzig sépare alors la Prusse orientale du reste de l’Allemagne. Ce que le régime nazi ne peut tolérer.

Par ailleurs, Hitler ne craignait pas grand chose des alliés de la Pologne. La France et la Grande-Bretagne, opposées fermement aux revendications du chef nazi, avaient alors opté pour une posture défensive – la Ligne Maginot en est l’illustration – et la voie diplomatique.

De plus, entre 1938 et 1940, Hitler avait fait bâtir un système défensif à la frontière ouest de l’Allemagne. La Ligne Siegfried, qui inspira les chansonniers de l’époque (« Nous irons pendre notre linge sur la « Ligne Siegfried », pour reprendre le refrain d’une chanson), s’étendait sur plus de 630 km et était composée par 18.000 bunkers. A l’Est, le régime nazi s’était assuré les bonnes grâces de Staline en signant le pacte germano-soviétique.

Restait le problème de l’armement et de la puissance militaire. En vertu du Traité de Versailles, les effectifs de l’armée allemande étaient limités à 100.000 hommes. En 1932, l’Allemagne avait obtenu l’adoption, par la Société des Nations (SDN), l’ancêtre des Nations unies, du principe d’égalité des droits en matière d’armement. Et une fois arrivé au pouvoir, Hitler exigea que cette disposition s’appliquât à son pays, ce que la France refusa.

Devant cet état de fait, l’Allemagne nazie se retira de la SDN et amorça alors un programme de réarmement clandestin. Là encore, il est difficile de dire que les démocraties occidentales se montrèrent à la hauteur de cette énième provocation, soit par impuissance devant le fait accompli, soit par une certaine complaisance dont la signature par la Grande Bretagne d’un accord bilatéral reconnaissant à l’Allemagne le droit à un réarmement naval limité est un exemple.

Quoi qu’il en soit, et malgré les avertissements, l’Allemagne nazie augmenta considérablement son potentiel militaire. En 1935, qui est une année clé de ce point de vue, le plan Z visant à rééquiper la Kreigsmarine était mis en place, le service militaire obligatoire rétabli, la Luftwaffe créée et le premier sous-marin allemand construit depuis l’armistice de 1918 lancé. Progressivement, les effectifs de la Wehrmacht furent portés à 500.000 hommes, ce qui représentait, à l’époque, 12 corps d’armées et 36 divisions. Et cela, sans compter la reconversion d’une partie de l’industrie allemande dans l’armement. Les nouveaux matériels mis au point furent ensuite essayés en conditions réelles lors de la guerre d’Espagne de 1936.

Au final, ce furent 60 divisions allemandes qui déferlèrent sur la Pologne, ce 1er septembre 1939. Bien que vaillante, il était difficile pour l’armée polonaise de résister à un envahisseur qui appliqua un concept nouveau : la Blitzkrieg, ou « guerre éclair », qui consiste à atteindre le plus rapidement possible le point névralgique de l’adversaire.

Cette stratégie, d’ailleurs mis en oeuvre par le général américain Tommy Franks au moment de l’invasion de l’Irak en mars 2003, se déroule en cinq étapes. Tout d’abord, il s’agit de jouer sur l’effet de surprise et d’attaquer l’adversaire là où il ne s’y attend pas. Ensuite, il nécessaire de disposer de la supériorité aérienne, ce qui donne ensuite toute latitude aux bombardiers pour opérer tout en écartant le risque de riposte et de reconnaissances aériennes ennemies.

L’offensive peut alors se poursuivre en perçant les lignes adverses en concentrant des forces supérieures en nombre et en armements sur des secteurs limités. Une fois cette percée acquise, des unités très rapides s’infiltrent dans la profondeur, en contournant les points de résistance afin d’atteindre le centre névralgique de l’adversaire. Après cette phase achevée, il suffit de déployer massivement des forces d’invasion pour nettoyer les nids de résistance et prendre le contrôle du territoire convoité.

Cependant, cette stratégie, rendue possible avec l’apparition conjointe de l’avion et du char, présente au moins deux faiblesses majeures pour les assaillants. D’une part, une contre-attaque peut couper la colonne chargée d’atteindre le point névralgique de ses arrières. D’autre part, en laissant de côté les points de résistance, cette dernière peut voir son ravitaillement interrompu, avec un risque de se faire encercler. Et puis, dans le même ordre d’idée, la logistique peut également ne plus être en mesure de suivre le rythme.

Seulement, l’armée polonaise ne fut pas en mesure d’exploiter ces failles. Pire encore : l’attaque à l’est menée par l’Armée rouge, le 17 septembre, prévue selon des clauses secrètes du pacte germano-soviétique, enleva les derniers espoirs à la Pologne. Le 7 octobre, soit un peu plus d’un mois après le début des hostilités, toute résistance militaire cessa et le territoire polonais fut partagé en deux.

Pourtant, la France et la Grande Bretagne avait réagi à l’invasion de la Pologne en déclarant la guerre à l’Allemagne le 3 septembre. Mais cela n’eut pas le moindre effet. Et même l’incursion d’éléments de l’armée française vers Sarrebruck en vue de faire une diversion pour soulager l’armée polonaise se révélera un coup d’épée dans l’eau.

Après la chute de la Pologne, la France se retranche derrière sa Ligne Maginot. Tout le monde est dans l’expectative et cette période, appelée la « drôle de guerre », prendra fin en avril 1940, avec l’invasion du Danemark et de la Norvège par les troupes hitlériennes.

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