Le Mali aux prises avec al-Qaïda

Le 17 juin dernier, l’armée malienne avait annoncé la mort de 26 combattants d’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), après l’attaque d’un des campements de l’organisation terroriste établi dans le nord du pays, à Garn-Akassa, près de la frontière avec l’Algérie.

Depuis, un violent accrochage a eu lieu, dans la nuit du 3 au 4 juillet, entre une patrouille malienne et des djihadistes, dans le nord-ouest du Mali. Sans donner plus de précision, Bamako a alors indiqué que « des pertes ont été enregistrées de part et d’autres ». Sauf que, par la voie d’un communiqué diffusé par Internet, l’AQMI a affirmé, de son côté, avoir tué 28 militaires maliens et capturé trois autres, au cours d’une bataille qualifiée de « féroce ».

Le groupe terroriste, d’origine algérienne (il s’agit de l’ancien GSPC), a menacé de lancer de nouvelles attaques meurtrières et s’en est pris au président Malien, Amadou Toumani Touré, en l’accusant de collusion avec les « Croisés », c’est à dire les Occidentaux.

En effet, le 6 juillet, Amadou Toumani Touré a annoncé avoir engagé son pays dans une « lutte totale contre al-Qaïda ». « Sur le terrain, dans la bande sahélo-saharienne, les salafistes et leurs complices qui sont auteurs de multiples trafics, sont nos ennemis » a-t-il également déclaré.

Mais le Mali n’entend pas lutter seul contre l’AQMI. « Il ne faut pas se voiler la face. Pour gagner, nous sommes condamnés à travailler, avec nos voisins, avec nos partenaires de toute la bande sahélo-sahariennne » a estimé le président malien.

De source sécuritaire malienne, une opération d’envergure, impliquant plusieurs pays, dont l’Algérie, serait en préparation, avec « les moyens nécessaires ». Il se dit aussi qu’Alger aurait fourni au Mali des équipements militaires à cette fin.

Cela étant, les autorités maliennes semblent déterminées à en finir avec la présence de l’AQMI au Mali. A la fin de la semaine dernière, plusieurs dizaines de militaires maliens, formés par des instructeurs américains dans le cadre du projet Pan Sahel, ont quitté Tombouctou à bord de pick-up pour « traquer les trafiquants d’armes, de drogue, mais aussi les éléments d’al-Qaïda » a indiqué à l’Agence France Presse un responsable de l’état-major local.

NB: Détenus au Mali par l’AQMI en même temps que le britannique Edwyn Dyer, le suisse Werner Greiner aura eu plus de chance que son compagnon, exécuté en juin dernier. En effet, le ressortissant hélvète a été relâché ce week-end et retournera chez lui après une visite au président malien Amadou Toumani Touré. Selon le journal algérien « El Khabar », une rançon de 3 millions d’euros aurait été versée aux terroristes. Du côté de Berne, on assure ne pas avoir versé la moindre somme d’argent en échange de la libération de Werner Greiner.

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