Malaise au Mossad

Nommé en 2002 à la tête du Mossad, les services secrets israéliens, puis reconduit à ce poste par Ehud Olmert en 2008, le général Meïr Dagan a été maintenu  une année supplémentaire dans ses fonctions par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 21 juin dernier.

Cet ancien officier des commandos, âgé de 64 ans, a su gagner la confiance des dirigeants politiques. Sous sa responsabilité, plusieurs opérations aussi délicates que sensibles ont été menées.

Parmi celles-ci, on peut compter l’assassinat, en Syrie, d’Imad Moughieh, le chef militaire du Hezbollah libanais, à l’origine de nombreux d’enlèvements et d’attentats, dont celui qui avait visé l’immeuble Drakkar, le 23 octobre 1983, dans lequel 58 parachutistes français avaient perdu la vie.

Selon toute vraisemblance, le Mossad aurait recueilli des renseignements de première importance concernant les installations nucléaires secrètes syriennes, bombardées en septembre 2007 par l’aviation israélienne et au sujet desquelles une enquête de l’Agence internationale pour l’énergie atomique est en cours. La Syrie étant en état de guerre contre Israël, Meïr Dagan avait prédit que Damas ne réagirait pas au raid israélien. Et c’est ce qu’il s’est effectivement passé : les risques du défaite militaire aurait sans doute signifié la fin du régime de Bachar al-Assad, ou du moins le faire vaciller.

Fin analyste, le chef du Mossad avait aussi prévenu son Premier ministre, Ehud Olmert, que les raids aériens menés par Israël au Liban, à l’été 2006, contre le Hezbollah ne permettrait pas de détruire l’appareil militaire de l’organisation politico-terroriste chiite. Une fois de plus, les faits lui ont donné raison.

Mais ce qui justifie sans doute son maintien à la tête du Mossad est sa position à l’égard du nucléaire iranien, qu’il considère être la première menace à laquelle doit faire face l’Etat hébreu. On le dit même partisan d’une intervention militaire contre Téhéran, ce qui pourrait être une option probable en cas d’échecs des négociations internationales et des sanctions prises à l’égard de la république islamique.

D’ailleurs, les forces aériennes israéliennes (IAF) ont mené un exercice de grande ampleur, en juin 2008, au-dessus de la Méditerranée orientale, impliquant des appareils F15, F16 ainsi que des avions ravitailleurs. A l’époque, ces manoeuvres ont été présentés comme une répétition générale avant une possible attaque des sites nucléaires iraniens, à l’image du raid qui, en 1981, avait été conduit en Irak pour détruire la centrale d’Osirak.

Cela étant, les raisons pour maintenir Meïr Dagan à son poste ne manquent pas. Et pourtant, cette décision suscite quelques remous au sein du Mossad. En effet, elle a été le prétexte de la démission du directeur adjoint des services secrets israéliens, dont l’identité reste confidentielle. Surnommé « Taf », ce qui correspond à la première lettre hébraïque de son nom, il serait un ancien membre d’une unité d’élite. Il est, en outre, le responsable de plusieurs opérations du Mossad.

Ce n’est pas la première fois qu’un dirigeant du service isralien démissionne pour ce que l’on pourrait qualifier d’une incompatiblité d’humeur avec Meïr Dagan. L’ancien responsable de l’unité Kidon du Mossad, Hagai Hadas, avait quitté ses fonctions pour cette raison.

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