Afghanistan : Pas de renforts militaires français mais…

Lors du dernier sommet européen de Bruxelles des 19 et 20 mars derniers, Paris avait proposé d’envoyer en Afghanistan des gendarmes de la Force de gendarmerie européenne (FGE), à laquelle participent la France, le Portugal, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas et la Roumanie. Cela permettrait ainsi de répondre à la demande américaine d’y renforcer l’action civile dans le cadre de la nouvelle stratégie définie par l’administration de Barack Obama pour régler le dossier afghan.

Depuis, cette idée a fait son chemin. Le 31 mars, en marge de la Conférence internationale sur l’Afghanistan à La Haye, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner a avancé le nombre de 150 gendarmes français susceptibles d’être déployés dans le pays. « Nous avons un accord général. Nous continuons à travailler sur les modalités mais l’essentiel est qu’un accord soit conclu. Le président devrait l’annoncer au sommet de l’Otan » a-t-il déclaré.

Au bout du compte, la FGE pourrait envoyer en Afghanistan près de 300 hommes, l’Italie, l’Espagne, le Portugal étant appelés à participer à cet effort. Cependant, Franco Frattini et Miguel Angel Moratinos, les homologues italien et espagnol du chef de la diplomatie françaises ont exprimé quelques réserves, notamment lors d’une réunion de l’Union européenne en République tchèque. En effet, pour M. Moratinos, il faut « continuer à discuter des modalités parce que jusqu’ici il n’a pas été défini clairement quels seraient le rôle et les règles d’engagement de ce déploiement de gendarmerie européenne en Afghanistan. »

La mission des hommes de la FGE consisterait à former des gendarmes afghans, dans le secteur où des forces militaires de leurs pays d’origines sont déployées. Ils ne feraient pas partie de la mission européenne Eupol, en charge de l’instruction de la police afghane. « Ils seraient à la fois sous le drapeau européen de la FGE et à l’intérieur de l’Isaf » a expliqué Bernard Kouchner.

Interrogé par Jean-Pierre Elkabach à l’antenne d’Europe1 ce 1er avril, le président Sarkozy a une nouvelle fois affirmé que de nouveaux renforts militaires ne seraient pas envoyés en Afghanistan, considérant que « la France a fait son devoir » l’an passé en décidant d’y déployer un bataillon supplémentaire. Mais, le chef de l’Etat a toutefois indiqué que Paris aidera « à la construction d’une gendarmerie afghane », ce qui va dans le sens des déclarations faites la veille par son ministre des Affaires étrangères.

Cependant, il y a néanmoins une certaine contradiction dans les propos présidentiels. En effet, même si la gendarmerie est passée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur et à moins que cela ne présage d’évolutions futures, les gendarmes ont gardé leur statut militaire.

Au bout du compte, la France augmentera bel et bien son contingent militaire en Afghanistan, même si les missions dévolues aux gendarmes ne seront pas les mêmes que celles assurées par les troupes de combat.

Photo : Gendarme de l’opération Anaconda en Guyane (c) Gendarmerie nationale

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant; [Voir les règles de confidentialité].