Morin défend le principe d’un second porte-avions
17 mars 2009 – 21:39Le porte-avions Charles de Gaulle étant de nouveau immobilisé pour quelques semaines à plusieurs mois en raison d’une pièce mécanique défaillante et après avoir subi une IPER qui aura duré moins d’un an et demi, la question de construire un second bâtiment du même type a été posée à Hervé Morin, lors de l’émission politique dominicale d’Europe1 du 15 mars dernier.
« Dés lors que vous considérez que vous avez besoin de cet instrument de projection de puissance, cet instrument diplomatique que représente un porte-avions, cette capacité de bénéficier de la liberté des mers, la cohérence voudrait d’en construire un deuxième » a déclaré le ministre de la Défense. « La décision sera prise par le président de la République en 2012, quand nous aurons épuré toute une série de programmes dont nous avons absolument besoin » a-t-il ajouté.
« Je pense que la cohérence veut d’en avoir un second. Après il faut l’analyser dans une capacité militaire globale et que ça ne doit pas se faire au détriment des moyens dont nous avons absolument besoin » a encore précisé Hervé Morin.
Quant aux coûts que cela induirait pour les finances publiques, le ministre de la Défense a fait valoir que « l’effort militaire » est « l’assurance du pays ». « On ne peut pas avoir une politique étrangère crédible si vous ne vous appuyez pas sur une politique militaire crédible » a-t-il affirmé. « Vous ne pouvez pas à la fois revendiquer d’être une force, une puissance capable de parler et de participer au règlement des grands problèmes du monde et en même temps ne pas avoir une puissance militaire crédible » a-t-il également ajouté.
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15 commentaires à “Morin défend le principe d’un second porte-avions”
Il est fort le Morin une diplomatie crédible doit s’appuyer sur une politique militaire crédible.
Les bras m’en tombent !
Par GREP on mar 17, 2009
Je trouve que le Ministre de la Défense se bonifie au fil du temps ou bien son conseiller technique a changé. Il est tellement évident de la nécessité d’une construction d’un 2eme porte-avions que je suis heureux de voir changer le discours. En effet, lorsqu’on se trouve aux manettes et confronté à la réalité les lignes de conduite changent, et la pensée électoraliste est mise de côté. Un bémol tout de même, 2012 me paraît bien loin pour la future mise à l’eau, mais l’argent c’est aussi le nerf de la guerre alors….!!!
Par saintjust on mar 18, 2009
“Dés lors que vous considérez que vous avez besoin de cet instrument de projection de puissance, cet instrument diplomatique que représente un porte-avions, cette capacité de bénéficier de la liberté des mers, la cohérence voudrait d’en construire un deuxième”
D’où la nécessite de commander les porte-avions par paire !
Le second Charles de Gaulle aurait dû être commandé en même temps que le premier !
Attendait, s’il vous trouvez qu’il se bonifie, nommer moi ministre, je promet de dire zéro bétise et de lancer les programmes nécessaires et de ne pas les concrétiser par manque de budget (et non pas par viol de doctrine)
Par Thibault Lam001 on mar 18, 2009
Je maintiens que le discours du Ministre de l’an passé par rapport à celui d’aujourd’hui a changé, c’est un fait réel. Il est plus sûr de lui, plus affirmé. Maintenant, nous sommes confrontés aux erreurs de monsieur Jospin qui en son temps avait tout simplement rayé de sa belle plume les crédits alloués à la Défense, c’était après 97, si je ne m’abuse. Les Français ne sont pas devenus plus riche pour autant bien au contraire, mais le retard des enveloppes budgétaires cumulé depuis, oblige le gouvernement actuel à faire des choix dans l’urgence, ce qui n’est pas toujours compatible avec les bonnes décisions. Cela dit, les gabegies en tous genres, les malversations des uns et des autres dans certaines administrations et par certains administrés, le travail au noir, les constructions inutiles, le trou de la sécu, les désirs pharaoniques de certains ministres et élus de droite comme de gauche pour leur petit confort, et j’en passe et des meilleures, auraient pu donner la possibilité de construire non pas un porte-avions mais trois ou quatre. Arrêtons de nous cacher derrière le petit doigt. Ne renouvelons pas les erreurs passées qui ont coûté beaucoup trop de vies humaines à notre pays si seulement nous avions fait les bons choix au bon moment, nous n’aurions pas eu cette misère. Nos élus ont le devoir non pas de préparer l’avenir mais à le permettre, même si cela doit fâcher les électeurs. Caresser un chat dans le sens du poil ne l’empêchera pas de vous griffer. Comme beaucoup de Français, je tire la ficelle, comme on dit chez nous, les fins de mois sont terribles, mais je préfère vivre en homme libre et peu fortuné que riche et sous le joug de tyrans. C’est mon choix pas forcément ceux des autres. Mais si un jour je devais marcher à coup de pied dans le cul parce que nous aurions perdu la guerre j’espère ne pas voir en face de moi ceux qui l’auront permis.
Par saintjust on mar 18, 2009
Impressionnant… Toute la critique de la faillite d’une manière de faire depuis bien trop longtemps…
Sincèrement, mon respect le plus profond.
Pour revenir rapidement sur notre ministre de la défense, je reconnais qu’il a « bien » évoluer. Mais dans notre monde actuel je constaterais deux choses.
La première c’est que le pouvoir exécutif se resserre autour d’un homme et de ses conseillers, plus qu’autour d’un Gouvernement et de ses ministres. J’entend par là que notre Président décide plus tout seul avec un ou deux conseilleurs à l’Elysée qu’avec son ministre. Même si ce n’est pas totalement vrai bien sûr. Certains voient dans l’évolution de notre pratique politique une américanisation de notre pratique politique, je n’en suis pas sûr. Il faudrait plutôt nous comparer à une pratique royale française qui se confirmerait avec le second constat.
La seconde c’est que l’ouverture a révélé une tendance politique qui avait presque disparu. On a peut être cru ou vouloir faire l’ouverture pour destabiliser l’autre bord de l’échiquier politique. J’ose prétendre que c’est plutôt une pratique qui a pour but de choisir les « meilleurs » pour remplir une mission. Et là mon second constat rejoint le premier. Notre régime ne suit pas un american way of life. Mais un retour « à la mode » d’une certaine forme de pratique du pouvoir qui avait court sous la monarchie française. Un « Roi » qui décide après conseil (obligatoire à l’époque) de ses conseillers. Et bien sûr la couleur politique (rose, bleu, orange) importé peu ou presque à l’époque.
Si bien que j’en arrive à la conclusion que de voir Hervé Morin évoluer c’est bon signe, il assimile la chose militaire. De voir Robert Gates aux Etats-Unis maintenu à son poste pour continuer la réforme du pentagone, c’est un signe de la tendance politique précité. Si bien qu’en France il ne serait pas illogique de proposer de garder nos ministres de la défense plus longtemps qu’un « mandat de Gouvernement » ou qu’un « mandat présidentiel ». Le ministre de la défense est un simple exécutant, un gestionnaire de l’Administration militaire. Il prépare et exécute les options stratégiques retenu par le chef de la nation.
Un amiral avait consacrer une grande partie de son ouvrage sur la Marine Nationale française en concluant que les meilleurs Administrateur civil de la chose militaire n’avait pas été forcément les plus doué de la chose. Mais surtout et avant tout ceux qui sont resté longtemps à ce poste « une dizaine d’année » et qui ont su s’interesser à la chose pour la comprendre et mieux en manipuler les rouages.
Oui, je propose le maintient d’Hervé Morin pour de longues années.
Par Thibault Lam001 on mar 18, 2009
Avt de proposer son « maintien », atendons de voir s’il a vraiment murit à ce sujet.
Wait and see
Par Simulo on mar 18, 2009
Bonjour à tous.
Oui, enfin, Morin cesse d’anoner toujours les mêmes âneries politiquement correctes: « c’est cher, c’est long, etc… » pour énoncer clairement une réalité stratégique évidente.
Pour autant, à moins qu’il ne soit acculé à cette position nouvelle pour lui compte tenu d’informations inquiétantes que nous ne connaîtrions pas, il nous faut rester vigilants quant à l’évolution ultérieur de ce projet: propulsion nucléaire, taille et tonnage du bateau, synergies recherchées pour un certain nombre de composants: coque, mature, plan de masse, système de combat, avec nos amis anglais.
Et puis prévoir dès maintenant que celui-ci sera construit en deux exemplaires identiques le moment venu, c’est à dire à partir de 2018, pour remplacer le CdG…
Par Marius on mar 18, 2009
Je rajouterai simplement qu’il y a eu une rumeur sur une coopération avec les russes.
Et que j’apprécie de voir qu’il n’est déraisonnable de parler de remplacement du Cdg dès les années 2015-2020. Mine de rien, avec son planing haché, il est plus vieux que le double de son service actif (pas loin) !
Pour Morin je ne m’emballe pour son amour pour la chose militaire. Mais un peu de stabilité et un peu de pédagogie (autant pour lui que pour le reste de la France) ne ferait pas de mal.
Par Thibault Lam001 on mar 18, 2009
Je suis plutôt d’accord avec SaintJust. Morin a un discours qui tient de plus en plus la route. Bien sûr qu’un deuxième porte-avions est nécessaire, cependant il faut se rendre à l’évidence que le choix auquel il est confronté avec le gouvernement n’est pas facile. Comment concilier l’évidence d’un deuxième porte-avions et l’état des finances de la France. Bien sûr, on aurait pu intégrer ce deuxième porte-avions dans le plan de relance, quoique avec la construction d’un nouveau BPC, je ne suis pas sûr que nos chantiers navals soient capable d’absorber une telle charge… encore que. Il faut rester réaliste… Il y a tellement de choses qui sont nécessaire pour maintenir une défense globale pour la France. A-t-on seuls, les moyens de tout réaliser ? L’avenir ne doit-il pas passer par l’Europe ? Oh, j’entends déjà les cris de quelques crypto-nationalistes-gaulois… Et pourtant il faudra se rendre à l’évidence que si on ne peut pas remettre à flots nos finances, on ne pourra pas forcément tout se payer. N’oublions pas que le seul remboursement des intérêts de la dette, je dis bien les intérêts et non pas le capital, est, chaque année, supérieur à notre budget de la défense… Reste la solution d’un groupe aéro-naval européen. Il faudrait peut être étudier cette question plus avant et ne pas l’éluder pour des raisons dogmatiques. Rendons nous à l’évidence, les prochains équipements lourds seront européens ou ne seront pas. Le Rafale est probablement le dernier avion que la France construit seul. Il faudra tirer les enseignements de l’expérience A400M et continuer dans cette voie. Je n’en vois pas d’autre. Quant à Morin, je me souviens que tout le monde tirait à boulets rouges après les journées parlementaires de Toulouse en 2007. Il avait osé dire qu’il fallait « cesser de chipoter et de barguigner avec l’OTAN »… Finalement, il n’avait pas tout à fait tort. De même, il avait dénoncé « l’hypersophistication de certains programmes d’armement », les fameux 5% de technologie que l’industriel et la DGA rajoutent en cours de programme et qui ajoutent vingt pour cent à la facture finale (sans parler des retards, des gels, des reports). Finalement après bientôt dix-huit mois je trouve que Morin s’en tire très bien. Après plusieurs dizaines d’années de service et un paquet de ministres de la défense, je n’ai aucune honte à dire que je suis fier de l’avoir pour patron. Il restera l’homme qui aura osé des réformes que l’on attendait depuis des années, celui du meilleur budget d’équipement depuis 40 ans… il suffit de voir les chiffres.
Par Bizmeur on mar 18, 2009
Moi j’irais jusqu’à trois de façon à avoir une réelle permanence opérationnelle. Peut-être serait-il bon de « raccrocher » au wagon du projet britannique.
Par Meldon on mar 19, 2009
Prenons une hypothèse simple : le Cdg est au bassin pour IPER, le Colbert est en mer. Le Colbert est touché par un attentat terroriste et hors de combat. Pu de porte-avions disponible, même en urgence.
Donc si on suit le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2008, pour le respecter, il faut bien en commander trois de façon à ce que la permanence du groupe aéronavale soit assuré…
Par Thibault Lam001 on mar 19, 2009
@ Bizmeur : Les cocardiers sont ceux qui hier sautaient comme des cabris en disant l’Europe ! l’Europe et qui aujourd’hui freinent des quatre fers pour l’intégration « complète » de la France dans l’OTAN. S’il y a bien une ambiguïté dans leurs discours, elle est bien là. Comment prôner l’indépendance de la France en matière de Défense et en même temps vouloir la dissoudre au milieu des 26 autres pays européens? il faut m’expliquer.
La défense européenne ne fonctionne pas pour plusieurs raisons qu’ils seraient fastidieuses de développer ici (juste qq exemples : la maîtrise de langue parlée, l’Anglais en l’occurrence est déjà un frein ; nos militaires contrairement aux idées reçues ne s’en sortent pas si mal pour ne pas dire très bien ce qui n’est pas le cas de certaines nations. La Pologne comme la Belgique, pour ne citer que ces pays, ont complètement zappé notre Rafale pour acheter américain. Puis, chaque pays possède une certaine culture militaire, un certain savoir faire pour appréhender tels ou tels théâtres d’opérations, et la mixité des nations intervenantes posent problèmes, mais on ne vous le dira jamais ouvertement. En revanche, et à l’évidence, vous avez raison, seul, et c’est aussi valable pour les autres pays de la communauté européenne, il sera extrêmement compliqué de revenir au devant de la scène internationale sur le plan militaire. Nous devrons rassembler nos énergies avec l’Europe, en sachant que notre force nucléaire devra rester indépendante et servir pour notre dissuasion ; mais aussi, pourquoi pas, intégrer des accords avec les 26 autres pays moyennant une participation financière. Bref, tout cela est compliqué à mettre en musique d’autant que le terrain est souvent très différent des salons parisiens et ça c’est du vécu. Nous perdons beaucoup de temps en palabres, cela ne fait pas avancé le « schmilblic » à un moment donné, il faut savoir donner de la voix ou taper du poing sur la table et faire taire les « anti-tout » quand il s’agit de l’avenir et de la grandeur de la France. Un certain Grand Charles savait le faire et grâce à lui nous avons vécu jusqu’ici sur les acquis. Enfin et pour conclure, lorsqu’on entend s’exprimer ici ou là de pseudos experts ou expertes qui, à mon sens, feraient mieux de faire de l’élevage de coccinelles que de parler de stratégie et de défense, nous ne sommes pas au bout du chemin.
Par saintjust on mar 19, 2009
Bonsoir tout le monde
Je ne suis ni expert en géo-stratégie ni en militaro-industrie cependant j’ai effectué mon service militaire sur le PA Clémenceau en 1974/75 et donc participé à la mission saphir 1,de mémoire à cette époque la marine alignait 6SNLE,2PA,1PH,2TCD,1CLM(antiaérien)2FLM(antiaérien)
4EE (antiaérien)14EE ASM ,3FASM , 2PRE ,4BSL,9AE ,17ER,etc……….
la réduction de format+restriction budgétaire nous amène à la situation d’indigence actuelle !Ou bien l’avenir ne se trouve plus sur les océans , ou pire il ne figure plus au sommet de l’état !
Par pinteur on mai 22, 2009
LA SOLUTION BPC4 AVEC PONT RENFORCE PLUS LOT F35 AMERICAIN A DECOLLAGE VERTICAL ASSOCIE ; VOILA LA FACON DE RESOUDRE L EQUATION PERMANENCE A LA MER ,FINANCE PUBLIQUE, SAVOIR FAIRE, CHOMAGE PARTIEL EVITE DU COTE DE SAINT NAZAIRE ;n en déplaise au cocorico tout hexagonal ,l avenir s est cela pour éviter le naufrage capacitaire et financier ;le mettre mot s est la coopération élargie pour avoir les moyens indispensables pour espérer pouvoir garder un statut de puissance digne de ce nom.
Par PATRIOTE LIBRE on mai 23, 2009
la construction du 2ème porte-avions doit être décidée si l’on veut garder notre indépendance et garantir en permance un groupe aéronaval opérationnel. C’est aussi la mise en oeuvre de ce projet alié à la construction des FREM qui nous permettra de conserver une marine de 1er rang.
Par roussel on nov 22, 2009