Le prochain Air Force One ne sera pas un Airbus

Pour les voyages du président américain, l’US Air Force dispose de deux Boeing VC-25 A, qui sont en fait des B747-200 spécialement aménagés pour assurer la continuité des communications en cas de crise. L’indicatif « Air Force One » désigne ainsi l’un des deux appareils utilisé par l’hôte de la Maison Blanche. Ces avions sont mis en oeuvre à partir de la base aérienne d’Andrews, dans le Maryland, par le 89th Airlift Wing de l’Air Mobility Command.

En raison d’un coût de maintenance en augmentation constante, les deux Boeing VC-25A présidentiels devraient être remplacés d’ici à 2017 par trois longs-courrier. En 2007, la filiale américaine du constructeur aéronautique européen EADS avait fourni des renseignements techniques, notamment au sujet de l’A-380, à l’US Air Force en vue de participer à l’appel d’offres qui serait lancé pour désigner le prochain Air Force One.

Finalement, le groupe a annoncé, le 28 janvier dernier, qu’il ne participerait pas à la compétition qui s’annonce. « A l’issue d’un examen attentif, nous avons jugé que participer au programme AF-1 (ndlr: Air Force One) ne nous permettrait pas de remplir les objectifs de l’entreprise » qui consistent à « élargir notre présence industrielle aux Etats-Unis et créer des emplois » a ainsi expliquer Tim Paynter, un porte-parole d’EADS North America.

Bien que l’Agusta Westland EH101 européen ait été désigné pour remplacer l’hélicoptère présidentiel utilisé pour les déplacements courts, l’A380 aurait néanmoins eu quasiment aucune chance contre Boeing, étant donné que, sur le plan symbolique, ‘il est difficilement imaginable qu’un président des Etats-Unis puisse voyager à bord d’un avion qui ne soit pas un des fleurons de l’industrie aéronautique américaine.

Il reste à EADS – associé à Northrop Grumman – d’engager un nouveau bras de fer avec son rival de Seattle pour le prochain appel d’offres portant cette fois sur le renouvellement de la flotte des avions ravitailleurs de l’US Air Force. L’an passé, l’avionneur européen avait gagné le duel avec l’attribution d’un contrat de 35 millions de dollars pour 179 appareils.

La polémique qui s’en était suivie outre-Atlantique et le recours de Boeing devant le GAO, la cour des comptes américaines, avaient eu pour conséquence l’annulation de cet appel d’offres. Selon le voeu du secrétaire à la Défense, Robert Gates, un autre devrait être lancé d’ici au printemps de cette année.

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