Drame au 3e RPIMa

29 juin 2008 – 20:45

Un incident dramatique s’est déroulé, peu avant 18 heures, lors d’une journée “portes ouvertes” du 3e Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine de Carcassonne. Lors de la sixième “démonstration d’assaut”, 17 personnes (15 civils et 2 militaires), ont été touchées par des balles réelles alors que le Famas du sous-officier qui a tiré devait être chargé avec des cartouches à blanc, pourtant facilement identifiables.

Selon le préfet de l’Aude, Bernard Lemaire, on compte 5 enfants parmi les blessés. Le pronostic vital est engagé pour deux victimes, dont une enfant de 3 ans. Par ailleurs, deux autres personnes sont très gravement blessées. Les spectateurs atteints soit par balle, soit par des éclats, font pour la plupart partie des familles des militaires du régiment.

Dans un communiqué, le chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, a indiqué qu’il attendait “au plus tôt” les conclusions des enquêtes qui sont “déjà dilligentées” sur cet incident, “pour en tirer les conséquences qui seront exemplaires”.

L’auteur du tir, un sergent pourtant expérimenté, a été placé en garde à vue. Pour le préfet de l’Aude, la question est de savoir si “le militaire a fait un geste criminel ou pas”. “Pour l’instant, personne ne peut répondre mais la thèse qui prédomine est celle d’une erreur”, a-t-il avancé.

La démonstration du Groupe de commandos parachutistes (GCP) du régiment, qui consistait à une simulation d’une libération d’otages, a été filmée par l’armée et les images seront “saisies par la justice” a indiqué le préfet.

Ce drame suscite plusieurs interrogations : comment est-il possible de confondre des cartouches à blanc avec des réelles? Comment de telles munitions ont-elles pu se retrouver mélangées? Les armes étaient-elles munies d’un bouchon de tir à blanc (BTB)? Si oui, comment des cartouches réelles ont-pu être tirées (un fusil doté d’un BTB aurait normalement été inutilisable dans ces conditions)? Pourquoi avoir tiré en direction du public alors que c’est une chose qui ne doit JAMAIS se faire, une arme, même chargée à blanc, n’étant pas un jouet?

(Dernière mise à jour : le 30.06.2008 à 9h58)

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  1. 5 commentaires à “Drame au 3e RPIMa”

  2. Je pense, en effet, que la vraie question est dans la présence ou l’absence d’un bouchon de tir à blanc sur le Famas. On lit et on entend que le sergent venait de vider un chargeur de cartouches à blanc, et que dans la foulée, il aurait réapprovisionné son arme avec un chargeur de cartouches de guerre… Je suis très sceptique : a-t-il enlevé le BTB entre les deux chargeurs ? Car s’il ne l’a pas fait, l’arme a été bigrement abimée, et le tireur aurait dû être blessé… Et s’il l’a fait, pourquoi ?
    Attendons les résultats de l’enquête sans trop tenir compte des déclarations à chaud des uns et des autres (procureur, préfet…) qui ne semblent pas savoir que, outre le fait que l’on peut distinguer cartouches à blanc et réelles, on ne tire pas de cartouches à blanc sans BTB (sauf à n’en tirer qu’une à la fois et à réarmer pour la suivante, donc ne tirer qu’au coup par coup, ce qui, semble-t-il, nétait pas le cas).
    Et puis, oui, il est étonnant que l’on puisse avoir sur soi un chargeur de cartouches à blanc ET un chargeur de cartouches réelles.

    By Richard Tissot on juin 30, 2008

  3. “Et puis, oui, il est étonnant que l’on puisse avoir sur soi un chargeur de cartouches à blanc ET un chargeur de cartouches réelles”

    Détrompez vous, depuis que dans certaines unités, dont celles qui se disent d’élite, on a privilégié la responsabilisation du soldat au détriment du contôle. C’est comme celà que ça se passe.
    Dans le même ordre d’idée : A t’on identifié l’unité qui a perçu les munitions retrouvées sur un marché d’Abidjan en fin 2006 ou début 2007 ? Allez voir sur le champ de tir de Grand Bassam qui récupére les étuis en fin de séance.
    En ce qui me concerne, et lorsque je me remémore un certains nombre de faits observés je ne suis pas trop surpris par ce qui est arrivé.
    Dejan

    By Dejan on juin 30, 2008

  4. Evidemment, quand un membre d’une troupe d’élite commet une faute, c’est la revanche des médiocres, le grand bal des “je l’avais bien dit” et des “ça devait arriver”.

    C’était pour le coup d’humeur.

    Pour ma participation constructive : “comment est-il possible de confondre des cartouches à blanc avec des réelles?”

    Tout simplement parce que lorsque l’on est un minimum entrainé, le changement de chargeur devient un réflexe que l’on accomplit sans même regarder ce que l’on fait…

    Ce qui nous ramène à la vraie question : comment un chargeur de cartouches de guerre pouvait-il se trouver dans les poches de ce soldat ?

    By Manu on juin 30, 2008

  5. @ Manu,
    Je ne crie pas haro sur les unités dites d’élite et pour cause…. mais effectivement on pouvait se dire que çà finirait par arriver un jour.

    Sinon avez vous réponse(s) à ma deuxième question ?

    Dejan

    By Dejan on juin 30, 2008

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