La DPSD traque Surcouf

En publiant une tribune dénonçant les « incohérences du Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale dans les colonnes du Figaro, la semaine dernière, le groupe Surcouf, composé par des officiers de « haut rang », a fait quelques vagues, à commencer au sommet de l’Etat. Le ministre de la Défense, Hervé Morin et le président de Sarkozy, également chef des Armées, auraient fort peu apprécié l’exercice critique.

D’ailleurs, la réaction de M. Morin ne s’est pas faite attendre. « Il existe un devoir de réserve » a-t-il rappelé lors d’un entretien accordé au journal dans lequel les officiers s’étaient exprimés. Ces derniers sont d’ailleurs recherchés par la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD) qui « s’est immédiatement saisi de l’enquête, conformément à ses attributions », d’après les déclarations d’une personne proche du dossier citée par l’AFP. Pour l’instant, la DPSD n’aurait aucune indication sur l’importance et la composition du groupe Surcouf.

Cependant, l’édition du Canard Enchaîné de cette semaine indique que le chef d’état-major des armées (CEMA), le général Georgelin a même été soupçonné d’en faire partie, d’autant plus que ce dernier s’était autorisé une pointe d’ironie en parlant de « lumière qui va descendre de ces intellectuels triés sur le volet » à propos du Livre Blanc. »Les exégètes de l’Elysée ont cru déceler quelques unes des expressions favorites » du général Georgelin dans le texte du groupe Surcouf, peut-on lire dans l’hebdomadaire satirique.

Le Canard Enchaîné a également indiqué que ces soupçons auraient valu au général Georgelin une convocation à l’Elysée, samedi matin. Au cours de son entrevue avec le chef de l’Etat, il se serait fait « souffler dans les bronches ». Cela expliquerait l’entretien qu’il a accordé au Journal du Dimanche et au cours duquel il a affirmé que la France restait une « puissance militaire. »

Le général Georgelin n’a pas démenti l’existence de la discussion qu’il aurait eue avec le président de la République. Contacté par l’AFP, le CEMA s’est simplement borné à déclarer qu’il « rencontrait régulièrement le chef de l’Etat » et qu’il n’avait pas à « rendre compte de ces entretiens. » Enfin, il a qualifié les officiers anonymes du groupe Surcouf de « piqûre de moustique. »

Cela dit, un numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 10 juin dernier évoquait l’augmentation sensible du nombre de cas de paludisme dans les rangs de l’armée française au cours de ces dernières années. Il y a en effet des piqûres de moustique qui sont loin d’être anodines.

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