Afghanistan : le bilan de l’opération « Doar Bukhou »

L’armée afghane et des éléments, essentiellement canadiens, de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FAIS/ISAF) de l’Otan ont lancé, le 17 juin, l’opération « Doar Bukhou » (Demi-tour) afin de déloger plusieurs centaines de combattants islamistes ayant pris position dans le district d’Arghandab, situé à une quinzaine de kilomètres de Kandahar, le fief historique des talibans, dans le sud de l’Afghanistan.

Ce district avait déjà donné du fil à retordre aux troupes soviétiques lorsqu’elles envahirent le pays : jamais elles ne furent en mesure de contrôler ce secteur qui offre des facilités pour mener un combat de guérilla.

De source policière afghane, les talibans auraient miné des routes et des ponts à proximité des villages de cette zone. « Nous contrôlons la majeure partie de la région et c’est un bon endroit pour se battre. Maintenant nous attendons les forces afghanes et de l’Otan », a déclaré un de leur chef à l’Associated Press, avant le début de l’offensive.

Cette dernière n’aura duré que deux journées et a été présentée comme un succès par les autorités de Kaboul. Cependant, le bilan d’une opération militaire ne se mesure pas nécessairement aux nombres d’adversaires tués.

Selon le gouverneur de la province de Kandahar, Assadullah Khalid, les talibans ont été contraints de fuir le district d’Arghandab devant l’armée afghane et des troupes de l’Otan. Il a par ailleurs avancé qu’une « centaine » de combattants islamistes avaient été tués au cours de l’offensive et qu’une partie d’entre eux étaient d’origine pakistanaise.

Le ministère afghan de la Défense a quant à lui donné le chiffre de 56 talibans tués et a confirmé le succès de l’opération. Toutefois, douze activistes ont été tués non pas lors de l’offensive concernant Arghandab mais dans le district voisin de Maiwand. D’ailleurs, l’Isaf a tempéré les résultats de l’opération « Doar Bukhou ». Selon son porte-aprole, le général Carlos Branco, « Il n’y a eu que des incidents mineurs. Les insurgés étaient là, mais certainement pas aussi nombreux ni aussi bien installés qu’ils le disaient. »

Le porte-parole civil de l’Otan, Mark Laity, a confirmé les propos du général Branco. « Il s’agit davantage d’une série de petits engagements avec l’intervention ponctuelle de frappes aériennes et d’artillerie que d’une vraie bataille », a-t-il déclaré.

Ainsi, les talibans ont refusé de combattre frontalement les forces afghanes et celles de l’Otan et ont préféré la fuite. La prise d’un secteur par un coup d’éclat puis son évacuation est une des caractéristiques de la guérilla. Or, c’est cette tactique que les talibans ont appliqué à plusieurs reprises par le passé.

Seulement, après l’assaut, le 13 juin, de la prison de Sarposa, près de Kandahar, qui a permis l’évasion de plusieurs centaines de détenus parmi lesquels figuraient une forte proportion de talibans, les autorités de Kaboul ont besoin de marquer les esprits pour ne pas perdre la face, d’où une certaine emphase dans l’annonce de la reprise du contrôle du district d’Arghandab.

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