Des officiers critiquent fermement la réforme annoncée des armées

19 juin 2008 – 13:23

Suite à la publication du Livre blanc et à l’annonce des nouvelles orientations et du changement de format de la défense française par le chef de l’Etat le 17 juin dernier, le chef d’état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin a diffusé un message aux militaires.

(c) Jean-Michel Charlier & Victor Hubinon« Investi de la confiance du Président de la République », écrit-il, « je mettrai en oeuvre les réformes (…) sous l’autorité de notre ministre » avant d’ajouter qu’il le fera « sans aucun état d’âme, avec détermination, avec le souci constant de la valeur opérationnelle de nos unités, et, avant tout, de notre identité militaire qui la conditionne. Le général Georgelin attend des militaires, « en particulier de ceux qui sont investis de fonctions d’autorité, qu’ils agissent sous mes ordres dans le même sens. »

Or, cette attente du chef d’etat-major des armées a été contrariée par un groupe d’officiers de « haut rang », issus des trois armées. Même si ce n’est pas la première fois que des militaires osent prendre la plume pour critiquer la politique gouvernementale – un certain « colonel Spartacus » s’y était risqué dans les années 1980 – c’est néanmoins un fait assez rare pour être souligné.

Ainsi, dans une tribune publiée anonymement par le Figaro daté du 19 juin, ce groupe d’officiers supérieurs et généraux, appelé « Surcouf », a donc lancé une charge contre le Livre blanc sur la défense et les recommandations qu’il préconise. « Le modèle d’analyse présenté par le Livre blanc est à notre sens déficient et, davantage, marqué par un certain amateurisme », ont-ils écrit.

Pour autant, ces officiers ne remettent pas en cause le constat qui a été fait sur l’état de l’armée française et se montrent même très critiques sur les raisons qui l’ont conduit à cette situation. Ils reconnaissent même quelques « points positifs », comme le « principe du resserrement des implantations », « l’insistance mise sur la protection interne de la nation elle-même » ou encore « la revalorisation des fonctions de renseignement. »

Pour le reste, le groupe « Surcouf », qui releve au moins quatre incohérences dans le Livre blanc, ne ménage pas ses critiques. « Notre incapacité à sortir de la réduction homothétique, faute d’une véritable analyse que le Livre blanc ne fournit pas, conduit le modèle 2008 à n’être que la version dégradée du modèle 1996, lui même version amoindrie du modèle 1989″ estiment les signataires, qui s’en prennent à la « nouvelle orientation en faveur du satellitaire » et à la création d’un commandement interarmées dévolu à l’espace, en les qualifiant de « gadgets » au regard des « besoins réels et actuels des armées. »

Ces haut-gradés, qui regrettent la sous-représentation des militaires au sein de la commission Mallet, ne mâchent pas leurs mots et parlent même d’imposture. « Les avancées » présentées par le Livre blanc, comme par exemple l’investissement en faveur des satellites, sont prises par ces militaires pour des « lubies » car « elles ne sont pas sérieusement argumentées en terme d’arbitrage (alors qu’on voit les intérêts industriels qu’elles servent). » « Une réduction prévisible et sans imagination du format des armées, à peine compensée par d’hypothétiques innovations technologiques et organisationnelles : il y a comme une imposture à présenter ces résultats comme un progrès dans l’efficacité de l’instrument militaire », accusent-ils encore.

« Savoir sans pouvoir n’est jamais d’une grande utilité. Il faut combattre l’illusion que la connaissance peut remplacer l’action », affirmait récemment le général Georgelin. « Nous serons mieux renseignés, mais nous pourrons moins agir », estime pour sa part le groupe Surcouf, rejoignant ainsi les propos du chef d’état-majors des armées, tenus avant la publication du Livre blanc et de l’annonce des décisions présidentielles.

Selon les signataires, l’orientation prise risque de conduire à « un déclassement militaire (…) dans un monde bien plus dangereux qu’hier », la France risquant de jouer « dans la division de l’Italie ».

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  1. Un commentaire à “Des officiers critiquent fermement la réforme annoncée des armées”

  2. Surcouf a au moins suscité les interrogations que se posent de nombreux spécialistes militaires de haut rang comme des civils très avertis sur les questions de Défense à propos du livre blanc . Les avis sont extrêmement partagés et pencheraient avec bonheur pour les thèses de Surcouf et de beaucoup d’autres qui pensent comme ces Officiers. Le « gadget » (satellite) qui coûtera aux environs de 20 milliards sera opérationnel, si les budgets ne sont pas revus à la baisse par Bercy comme c’est devenu une habitude, aux alentours de 2020. D’ici là, de l’eau aura coulée sous les ponts et notre défense avec. Aujourd’hui, là, maintenant, les armées manques cruellement de matériels et de pièces détachées. Leurs propres techniciens font du rafistolage, du bricolage, bref du système D comme D ébrouille ou « D émerdez-vous ». Ce n’est pas sérieux, d’autant que Mr le Ministre ne sait pas du tout de quoi il parle et je ferai une petite remarque ; ce monsieur n’est pas élu du peuple au poste qu’il occupe mais nommé ce qui n’est pas la même chose. J’ai oui dire que d’ores et déjà il souhaite que des têtes tombent dans les rangs, histoire de faire taire les plus véhéments(c’est la sienne qui devrait être demandée par le plus grand nombre de citoyens). Manque de chance quand même pour lui, aujourd’hui et à l’aide des nouvelles technologies, il sera difficile de mettre sous silence les voix de la raison qui alimenteront les forums pour éclairer les lanternes de nos chers concitoyens histoire de leur montrer réellement où passe l’argent qui devrait être donné au ministère de la Défense et dans quelles conditions les militaires assurent leurs missions. C’est une honte de demander à des hommes et des femmes qui ont choisi le métier des armes, métier qui nécessite une véritable vocation, un don de soi même pour défendre ses corréligionnaires et sa Patrie, de travailler dans de telles conditions et de les traîter avec autant de mépris. J’espère d’ailleurs que ce 14 Juillet 2008 sera un véritable fiasco, alors que nos drapeaux et étendards vont s’incliner devant la tribune officielle où se tiendra, aux premières loges, un terroriste qui a été le bras armé de la Syrie pour assassiner des soldats Français au Liban (Drakkar 1983). C’est un déshonneur pour la France et je souhaite que tous les Français le ressentent en tant que tel. Enfin, les Armées n’ont pas pour vocation à faire l’aménagement du territoire mais elles y contribuent très largement et dans certaines communes le Régiment y est implanté comme une sacro-sainte tradition. Il contribu aussi à la relation très importante Armée Nation. Le regroupage de certaines unités est assez folklorique. Par exemple Salon de Provence, Fleuron de l’Armée de l’Air d’où nos généraux sont issus, nos as de l’aviation, notre très chère Patrouille de France fleuron de la Nation toute entière risque de disparaître pour Saint-Cyr dont les traditions n’ont strictement rien à voir avec celles des pilotes de l’Armée de l’Air. Or, les traditions c’est l’âme universelle d’un régiment, d’un bâtiment de la marine, d’une
    base aérienne, c’est le ciment entre les Anciens et les Bleus, c’est la cohésion, c’est un sentiment que seuls les militaires comprendront dans ce commentaire.Tout cela sera perdu car « Monsieur » pense que modernisme ne correspond pas avec traditionalisme et donc les militaires seraient sans doute trop conservateurs, c’est une véritable ineptie !

    Par LEONNAPO on juin 22, 2008

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