Audacieux coup de main des talibans

Le général américain David D. McKernan, qui a pris la tête de la Force internationale d’assistance à la sécurité de l’Otan en Afghanistan, n’a décidément pas la tâche facile. La semaine passée, l’armée britannique déplorait la perte de son centième soldat dans le sud du pays et les relations entre Washington et Islamabad se sont tendues après que 11 paramilitaires pakistanais aient été tués lors d’un raid américain dans une zone tribale autonome. Et pour couronner le tout, les talibans ont réussi un coup de force au nez et à la barbe des forces de l’Otan.

En effet, au lendemain de la conférence de Paris où il a été décidé que l’Afghanistan recevrait 20 milliards de dollars d’aide pour financer sa reconctruction et son développement, un commando taliban a réalisé un audacieux coup de main en libérant 1.000 détenus de la prison de Sarposa, située à quelques kilomètres seulement de Kandahar et de la base militaire de l’Otan et ses 11.000 militaires occidentaux.

Vendredi soir, un kamikaze a lancé la voiture piégée qu’il conduisait contre la porte d’entrée de la prison, ouvrant ainsi une brèche assez importante dans le mur d’enceinte pour qu’un commando puisse s’y engouffrer et mener un assaut à l’aide d’armes légères et de lance-roquettes. D’après un bilan donné dimanche soir par le chef de la police de Kandahar, neuf policiers et un enfant ont perdu la vie dans cette attaque. La prison, où « d’importants responsables talibans » étaient détenus, selon Amir Moahammad Jamshid, le responsable de l’administration pénitentiaire, n’était gardée seulement que par 41 surveillants.

Le nombre de prisonniers ayant pu s’évader lors de l’assaut varie selon les sources. Le porte-parole de l’Isaf, le général Carlos Branco, a avancé le chiffre de 1.100 évadés pendant que le ministre adjoint de la Justice, Mohammad Qasim Hashimzai l’a estimé à 886, dont 380 talibans.

Une vaste chasse à l’homme a été ensuite organisée par les forces occidentales et afghanes pour tenter de retouver les évadés. Au cours de cette opération de ratissage, 27 combattants islamistes ont été tués et 20 prisonniers repris. Ainsi, 12 talibans, dont le commandant Kaka Abdul Khaliq, ont perdu la vie au cours d’un accrochage dans le district de Zharai. Quinze autres ont été tués par une frappe aérienne visant une ferme où ils s’étaient réfugiés.

Cette affaire a été jugée « grave » par le Canada, qui dispose de 2.500 hommes déployés dans la région. « Nous faison notre possible avec les autres pays de l’Isaf et avec les forces de sécurité afghane pour faire face aux conséquences. Mais n’oublions pas que cela montre la nature diabolique des talibans et jusqu’où ils sont près à aller. Cela montre que nous faisons face à une situation très difficile en Afghanistan », a déclaré Peter MacKay, le ministre canadien de la Défense.

En mai, le nombre de tués parmi les troupes occidentales présentes dans le pays (18, dont 13 Américains) a été pour la première fois supérieur à celui de l’Irak (16, dont 14 Américains).

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