La cybercriminalité, une menace aussi élevée que le terrorisme

Le directeur du centre de sécurité informatique de l’Otan, Suleyman Anil n’y est pas allé par quatre chemins, la semaine dernière, lors d’une conférence concernant la cybercriminalité à Londres (E-crime Congress). En effet, selon lui, la défense des réseaux informatiques « devrait être placée au même niveau de priorité que la défense militaire aérienne et la lutte mondiale contre le terrorisme.

Le degré de dépendance aux nouvelles technologies de l’information des sociétés modernes a atteint un tel niveau qu’une attaque informatique de grande envergure des réseaux serait susceptible de paralyser un pays. L’Estonie a d’ailleurs dû affronter ce genre d’attaque en mai dernier. Les pirates avaient alors provoqués des dénis de services (DoS) sur les serveurs estoniens, ce qui avait eu pour conséquence l’inaccessibilité des sites web de certains ministères, de partis politiques, de journaux ou encore d’établissements financiers. A l’époque, l’Estonie avait demandé de l’aide à l’Otan pour contrer cette offensive cybernétique.

M. Anil a donc appelé les gouvernements à renforcer les défenses de leurs infrastructures réseau et à prendre rapidement des mesures de restauration rapide de leurs systèmes et de leurs données. En l’état actuel des choses, une attaque informatique contre les réseaux d’un pays qui n’aurait pas pris ces mesures de protection serait « quasiment impossible à stopper » a-t-il expliqué.

La « guerre cybernétique » est une menace à prendre très au sérieux car, selon M. Anil, elle est « peu risquée, peu coûteuse, très efficace et facilement mise en oeuvre. C’est une arme idéale que personne ne peut ignorer. »

Ce genre de conflit « numérique » pourrait être le fait d’un Etat – l’on sait que des pays, comme la Chine, développent leurs capacités dans ce domaine – ou de terroristes. Un rapport de la Sécurité publique du Canada, publié en décembre 2001, avait pointé les capacités cybernétiques d’Al-Qaïda, l’organisation terroriste patronnée par Oussama Ben Laden. Une des conclusions principales de ce document était que le chef terroriste « avait laissé entendre qu’Al Qaïda avait le savoir nécessaire pour se servir de l’ordinateur comme une arme. »

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